Le Banquet

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Le Banquet

Platon

Socrate et Aristodème vont participer à un banquet chez Agathon, en la compagnie d’Aristophane, Appolodore, Pausanias et Eryximaque. Les convives décident de ne pas s’enivrer, mais de boire légèrement et de passer en discours cette soirée.

Le thème proposé de la discussion est l’amour. Plus précisément, il s’agit de prononcer un éloge de l’amour, en allant de gauche à droite, le plus bel éloge possible1.

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Description

Le Banquet

Platon

Socrate et Aristodème vont participer à un banquet chez Agathon, en la compagnie d’Aristophane, Appolodore, Pausanias et Eryximaque. Les convives décident de ne pas s’enivrer, mais de boire légèrement et de passer en discours cette soirée.

 

Le thème proposé de la discussion est l’amour. Plus précisément, il s’agit de prononcer un éloge de l’amour, en allant de gauche à droite, le plus bel éloge possible1.

 

Phèdre commence. Pour lui, le plus grand bien pour un homme est d’avoir un amant. L’amour est le meilleur guide dans l’existence, car il nous fait fuir les actions laides et n’accomplir que de belles actions. Une armée faite d’amants serait invincible car aucun des hommes ne serait lâche et mauvais guerrier, pour ne pas se déconsidérer aux yeux de son amant.

Il remarque que les amants font des choses exceptionnelles par amour. Par exemple, Alceste qui meurt pour son mari et, récompensé par les dieux, ressuscite.

 

Pausanias prend à son tour la parole. Pour lui, le problème est mal posé. On lui demande de chanter l’amour comme s’il était une seule et même chose, alors qu’il y a plusieurs types d’amour. Il faut chercher quel type d’amour est digne d’éloge.

Toute action n’est ni belle ni mauvaise en soi ; est belle ou laide notre manière de la pratiquer. Par exemple, boire en excès est une action qui nous enlaidit, alors que boire de manière raisonnable nous honore.

Après ce discours, Eryximaque annonce qu’il va considérer l’amour d’un point de vue beaucoup plus général. Celui-ci ne concerne pas seulement l’homme, mais caractérise les rapports de tous les êtres, animés aussi bien qu’inanimés.

Ainsi la médecine a découvert qu’une maladie peut venir de la présence dans le corps de deux principes contraires, donc hostiles. Guérir, cela revient à insuffler amour et harmonie dans ces conflits.

De même, la musique cherche l’harmonie (par exemple, entre l’aigu et le grave) ; la musique est donc un genre d’amour : la musique est aussi, pour l’harmonie et le rythme, une science des mouvements amoureux.

Même les catastrophes naturelles (inondations, gelées, épidémies…) proviennent d’un dérèglement dans les mouvements amoureux qui relient tous ces éléments.

On voit donc grâce à Eryximaque apparaître la multiple, l’immense ou plutôt l’universelle puissance de l’Amour, rassembleur universel.

 

Aristophane se penche pour sa part sur l’origine de l’amour : d’où vient que l’on aime ? D’où vient ce sentiment qui nous pousse à nous unir à quelqu’un d’autre ? Il utilise pour répondre à cette question un mythe.

A l’origine, les hommes étaient androgynes : ils étaient à la fois homme et femme. Ils avaient la forme d’une sphère, qui se déplaçait par culbute, en roulant sur elle-même. Leur ambition les amena à vouloir devenir l’égal des dieux. Zeus les punit de leur témérité non pas en les tuant, mais en les affaiblissant : il coupa chacun d’eux en deux moitiés, l’une mâle et l’autre femelle.

Socrate pense que les autres convives ont fait un éloge « forcé » au lieu d’un éloge vrai. Par là il veut dire qu’il faut non pas chercher à donner à l’Amour toutes les qualités mais le louer pour les qualités qu’il a vraiment.

Il remplace le monologue par le dialogue, interrogeant Agathon. C’est là un exemple du fameux dialogue socratique, qui procède par question et réponse (c’est la dialectique) pour faire accoucher l’interlocuteur d’une vérité qu’il porte en lui (ou maïeutique : art d’accoucher les esprits).

 

Socrate commence par problématiser le sujet : on désire ce qu’on n’a pas. Mais ainsi qu’Agathon l’a montré, l’amour désire le Beau : mais alors, l’Amour se trouve donc privé de beauté, il n’en possède pas ?.

Socrate ne fait que poser à Agathon les mêmes questions que Diotime, une femme de Mantinée, lui a posé. Socrate à répondu la même chose qu’Agathon, et lui a demandé : puisque l’amour manque du beau, c’est une laide chose ?.

Diotime a crié au blasphème : ce qui n’est pas beau n’est pas nécessairement laid.

 

Pourquoi ? Prenons l’exemple du savant et de l’ignorant. Il existe un intermédiaire entre ces deux états, à savoir avoir une idée vraie, mais sans savoir pourquoi (sans pouvoir la fonder, en rendre raison).

Ce n’est ni un savoir (comment en effet une chose dont on ne peut rendre raison pourrait-elle constituer un savoir ?) ni une ignorance (ce qui atteint l’être d’une manière accidentelle ne saurait en effet constituer une ignorance).

De même, certaines choses ne sont ni laides ni belles, et c’est le cas de l’Amour.

Qu’est-ce alors ? C’est un être intermédiaire comme on l’a vu, intermédiaire entre mortel (homme) et immortel (Dieu). L’Amour est un grand démon. Dans la mythologie grecque, les démons transmettent aux Dieux les prières des hommes et aux hommes les messages des dieux. Ce sont donc bien des intermédiaires.

 

Ce démon est né de l’union de deux dieux : il est fils de Poros, lui-même fils de Métis (Déesse de la ruse, la débrouillardise) et de Pénia (le manque).

Cette filiation fait que l’Amour est pauvre (en tant que fils du manque) mais vise toujours le supérieur (le beau et le bon) en tant que fils de Poros.

De même, il occupe une position intermédiaire dans le champ de la connaissance. Aucun Dieu n’est philosophe, car il est sage d’emblée. A l’inverse, aucun ignorant n’est philosophe, car il croit qu’il est déjà sage. Il y a un intermédiaire : le philosophe, car il n’est pas sage mais veut le devenir.

En ce qui concerne l’Amour, si son père est sage, ce n’est pas le cas de sa mère. L’amour est donc philosophe, tant qu’il veut devenir sage.

Tout d’abord, l’Amour est amour d’un beau corps. C’est là la première étape, le stade inférieur de l’Amour.

Puis l’Amour comprend que la beauté de ce corps se retrouve dans d’autres, aussi il devient amour des beaux corps, au pluriel. C’est là un progrès.

L’amour se tourne ensuite vers quelque chose de plus spirituel, de profond : il devient amour des belles âmes.

Puis il se tourne vers ce qui confère de la beauté à ces âmes : le savoir. Il devient amour du savoir.

Au terme de cette ascension, on atteint la Beauté absolue, qui est éternelle, non relative elle n’est pas belle en un point et laide en un autre , n’a pas de visage et n’existe pas dans un être singulier. Diotime ne donne qu’une définition négative de la Beauté absolue (elle nous dit ce qu’elle n’est pas, et non ce qu’elle est).

 

Socrate récapitule l’ascension : il faut commencer par les beautés de notre monde pour s’orienter vers cette beauté-là, en s’élevant toujours comme en s’appuyant sur des échelons, passant d’un seul beau corps à deux, et puis de deux corps à tous les corps, ensuite des beaux corps aux belles occupations et des belles occupations aux belles sciences, jusqu’à ce que, en se fondant sur les sciences, on parvienne enfin à cette science unique qui n’est le savoir d’aucune autre beauté que cette beauté unique et qu’on connaisse, en arrivant au terme, ce qu’est en soi le Beau.

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